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Diagnostic amiante b) les connaissances scientifiques actuelles

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Plusieurs études scientifiques ont donc cherché à déterminer si les fibres de substitution ont, ou non, les mêmes effets toxiques que l'amiante au niveau pulmonaire.


- les études in vitro

Les études in vitro, nombreuses surtout pour les fibres de verre et les microfibres, ont montré que les indices de cytotoxicité présentaient une corrélation étroite avec les propriétés dimensionnelles des fibres, les fibres fines et longues étant les plus toxiques. Les fibres synthétiques ayant des distributions de longueur et de diamètre analogues à celles de l'amiante avaient une toxicité comparable, in vitro.


- les études in vivo

La toxicité des fibres vitreuses artificielles a été évaluée chez les rongeurs en utilisant plusieurs méthodes d'administration des fibres : inhalation, instillation intratrachéale, injection intrapleurale ou intrapéritonéale.

Les tests par injection ont l'inconvénient de court-circuiter le processus complexe de l'inhalation, du dépôt, de l'épuration, de la rétention et de la translocation. Les tests par inhalation semblent les plus appropriés puisqu'ils reproduisent les caractéristiques essentielles de l'exposition humaine. Toutefois, des différences (anatomiques, biologiques et physiologiques) existent entre l'animal d'expérience et l'homme, qui conduisent à relativiser les résultats de ces expériences.

Globalement, laines de verre, de roche et de laitier ne présentent pas de différences toxicologiques significatives. Aucun effet biologique significatif (fibrose, tumeur) n'a été rapporté pour la laine de verre et la laine de laitier. Des fibroses (mais pas de tumeurs) ont cependant été notées pour la laine de roche.

En revanche, les fibres céramiques provoquent des fibroses, des tumeurs pulmonaires et des mésothéliomes. Elles provoquent des mésothéliomes avec une incidence expérimentale comparable, voire supérieure à celle de l'amiante chrysotile.


- les études épidémiologiques

Les études épidémiologiques récentes les plus importantes concernant les fibres de verre, de roche ou de laitier ont été menées en Europe et aux Etats-Unis. Elles sont encore peu nombreuses, et leur interprétation est rendue difficile par le fait que les travailleurs des fibres vitreuses artificielles sont bien souvent d'anciens travailleurs des fibres d'amiante.

En revanche, on ne dispose pas de données épidémiologiques suffisantes concernant les travailleurs exposés aux fibres céramiques, en raison du plus petit nombre de travailleurs concernés et d'une technologie plus récente.

En conclusion, on peut dire qu'il n'a pas été démontré d'augmentation de risque de mésothéliome dans les cohortes exposées aux fibres de verre, de roche et de laitier. On a en revanche mis en évidence un excès de mortalité par cancer pulmonaire chez les travailleurs employés dans la première phase technologique de la production de laines minérales (laines de laitier et laines de roche). Mais, la validité des études épidémiologiques est limitée par la difficulté de contrôler certains facteurs de confusion comme le tabagisme, l'exposition concomitante à d'autres cancérogènes et le manque de données quantitatives (par exemple le taux de fibres).

Le CIRC a classé, dès 1988, les laines d'isolation en catégorie 2B, ce qui signifie qu'elles sont susceptibles d'avoir un effet cancérogène chez l'homme.