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Diagnostic amiante c) les mésothéliomes

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Il s'agit de tumeurs malignes primitives localisées au niveau de la plèvre et du péritoine, les autres localisations étant exceptionnelles.

La localisation pleurale est elle-même cinq fois plus fréquente que celle du péritoine.


Il n'y a aucun autre facteur de risque démontré pour ces tumeurs que l'amiante et l'érionite (fibre minérale présente en Turquie).

Toutefois, il n'est retrouvé une exposition à l'amiante que pour seulement 70 à 90 % des mésothéliomes.

Pour la quasi-totalité de ces mésothéliomes, on peut retrouver une exposition professionnelle à l'amiante ou une exposition para-professionnelle (c'est-à-dire par contact avec un travailleur de l'amiante).

Mais il existe aussi des cas retrouvés de mésothéliomes par exposition environnementale "naturelle", comme en Nouvelle Calédonie et en Corse, où existent des affleurements d'amiante dans le sol.

Par ailleurs, diverses études indiquent la possibilité d'un risque de mésothéliome associé à la proximité d'une source industrielle d'amiante.

S'agissant des expositions dans les bâtiments contenant de l'amiante et dans l'environnement urbain, aucune donnée épidémiologique solide ne permet d'établir une relation entre ce type d'exposition et un risque pour la santé, mais celui-ci ne peut pas non plus être exclu.


Pour les 10 à 30 % de mésothéliomes restant, pour lesquels on ne peut pas identifier d'exposition à l'amiante, il n'est pas possible de dire s'ils sont dus à des expositions "occultes" (c'est-à-dire ignorées ou oubliées), à des expositions à d'autres agents spécifiques ou s'ils constituent un bruit de fond de la maladie.

On insiste actuellement sur le rôle déclenchant ou favorisant des radiations ionisantes, au premier rang desquels se placent les irradiations médicales (à visée thérapeutique surtout, mais peut-être également à visée diagnostique).

De même, les études les plus récentes discutent le rôle de certains virus.


La maladie apparaît en moyenne entre trente et quarante ans après le début de l'exposition.

Globalement, elle apparaît peu chez des sujets jeunes.

Elle est mortelle et la plupart des patients meurent dans l'année suivant le diagnostic de cette affection.

Elle n'est pas directement liée au tabac.


On estime à environ 1 cas par million d'habitants et par an l'incidence de la maladie avant l'utilisation industrielle de l'amiante, soit environ 50 cas par an avant 1950.

Puis, il y a eu une explosion des cas de mésothéliomes à partir des années 50, avec une progression d'environ 5 à 10 % pendant cette période.

Il y a eu parallèlement, comme nous le verrons plus loin plus en détail, une évolution des professions touchées : alors que dans les années 60, il s'agissait essentiellement des travailleurs de la production et de l'utilisation de l'amiante, ce sont aujourd'hui les travailleurs qui interviennent sur des matériaux contenant de l'amiante qui sont les plus atteints.


Au début des années 90, l'incidence estimée du mésothéliome pour les deux sexes réunis était d'environ 600 cas par an pour la France entière.

L'étude de l'expertise collective de l'INSERM estime que ce nombre peut être relevé à 750 pour l'année 1996, tout en soulignant qu'il s'agit là d'une borne inférieure du véritable nombre de décès dus à cette maladie, car une fraction non évaluable de ceux-ci échappe à tout diagnostic médical.

Il semble que, par rapport aux autres pays industrialisés, cette incidence soit relativement faible, ce qui s'explique par une utilisation massive plus tardive de l'amiante en France.

Il y avait ainsi 1.235 cas de mésothéliomes recensés en 1994 en Grande-Bretagne.

Ce chiffre n'est pas une estimation, comme c'est le cas pour la France, mais il représente un nombre de décès comptés, puisque la Grande-Bretagne dispose depuis 1968 d'un registre des mésothéliomes (avec le nom des personnes décédées et leur dernier travail à plein temps).

En Allemagne, il y avait environ 700 cas de mésothéliomes déclarés et 500 indemnisés en 1994.


Il est plus difficile de parler de chiffres précis pour la France puisqu'il n'existait pas, jusqu'à très récemment, de registre des mésothéliomes et que les certificats de décès ne différencient pas les mésothéliomes et les autres tumeurs primitives de la plèvre.

Pour autant, on dispose des registres de cancers, regroupés dans le réseau FRANCIM, et des études ont été réalisés sur 7 de ces registres (Bas-Rhin, Doubs, Calvados, Hérault, Isère, Somme et Tarn).

Pour tout ces registres réunis, il est apparu une augmentation globale de l'incidence de cette maladie de 25 % par période de trois ans, entre 1979 et 1990 (étude parue dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de la Direction Générale de la Santé du 18 mars 1996).

Cette étude peut difficilement refléter la réalité de la France entière puisque, parmi les départements retenus, il n'y a que deux départements où existe une usine de transformation de l'amiante (le Calvados et le Tarn).

On peut donc penser qu'elle sous-estime la réalité.

Mais elle révèle le fait que, désormais, de nouvelles populations de travailleurs sont touchées.


Cette tendance à l'augmentation rapide des mésothéliomes dans les prochaines années est en phase avec les études réalisées dans les pays étrangers comparables.

Dans la revue "The Lancet" du 4 mars 1995, Julian PETO, épidémiologiste britannique, prévoit une forte augmentation des mésothéliomes pour les prochaines années, dans ce pays, et un pic de 2.700 à 3.300 décès annuels en 2020.

Il estime que, pour la génération la plus touchée, celle des hommes nés dans les années 1940, les décès par mésothéliome représenteront environ 1 % de tous les décès.