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Diagnostic amiante c) les problèmes à résoudre

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- le volume des déchets

Une évaluation de l'ampleur des déchets à venir serait intéressante à connaître. Les chiffres d'importation d'amiante ne peuvent malheureusement pas nous renseigner sur les quantités d'amiante dégradé. Il faut d'ailleurs avoir présent à l'esprit que l'essentiel des importations, notamment ces dernières années, était transformé en produits d'amiante-ciment, qui ne sont pas visés par la réglementation et ne doivent pas être éliminés s'ils ne sont pas dégradés. On estime à l'heure actuelle la production annuelle de déchets d'amiante-ciment à 400.000 tonnes, ce qui ne semble pas poser de problème de capacité d'élimination, puisqu'ils pourront aller dans tous les types de décharges. Concernant les déchets de flocage et de calorifugeage, qui sont des déchets industriels spéciaux, ce n'est qu'à la fin de l'inventaire (c'est-à-dire au 1er janvier 2000) que l'on pourra déterminer si les capacités d'élimination sont proportionnées ou non aux quantités de déchets.

Aujourd'hui, les prix des déchets étant fixés à la tonne et non pas au volume, les entreprises ne sont pas incitées à réduire le volume de leurs déchets. Ce serait pourtant une solution à encourager : cela supprimerait le problème éventuel de la capacité de nos centres d'enfouissement, cela diminuerait les problèmes liés au transport des déchets et cela permettrait de mieux cerner le devenir des déchets. Certaines entreprises travaillent actuellement à une réduction du volume des déchets sur le site du chantier.


- la bonne traçabilité du déchet

C'est le transport des déchets qui nous apparaît le maillon le plus faible de la chaîne de l'élimination des déchets amiante.

Il faut se féliciter qu'un décret en cours de préparation par le ministère de l'Environnement exige le recours à une entreprise habilitée par le préfet pour le transport des déchets dangereux, dès lors que ceux-ci dépassent un certain tonnage. La délivrance de cette habilitation serait subordonnée à des conditions d'honorabilité professionnelle, de capacité financière et de capacité professionnelle.

Il n'est pas certain que les déchets générés sur les chantiers soient les mêmes que ceux qui arrivent en décharge ou en vitrification. Il serait bon de pouvoir identifier les doubles sacs sortant des chantiers (par un code barre, par exemple) pour assurer une lisibilité parfaite du devenir du déchet amiante.


- le choix des filières de traitement

La solution de la vitrification des déchets amiantés présente de nombreux avantages : les fibres d'amiante sont totalement détruites ; le volume des déchets est divisé par 20 ; il n'y a plus de risque de pollution future ; le déchet ultime ainsi obtenu est éventuellement valorisable ; le producteur du déchet n'est plus propriétaire, et donc responsable de son produit. Parmi les inconvénients actuels, on peut relever le coût relativement élevé de ce traitement et l'existence d'un seul centre de traitement dans le sud-ouest de la France (les chantiers de déflocage étant localisés plutôt en région parisienne, cela implique un transport sur de longues distances, ce qui n'est pas nécessairement souhaitable). Pour autant, la solution de la vitrification nous semble vraiment la meilleure pour les matériaux friables, et donc pour les déchets de flocage et de calorifugeage.

La solution de l'enfouissement des déchets en classe 1, pour les flocages et les calorifugeages, est une solution moins complexe et moins coûteuse aujourd'hui que la vitrification. Mais elle est certainement moins satisfaisante et, si elle a le mérite d'exister et de fonctionner correctement, elle devrait être considérablement réduite pour ne pas reporter le problème sur les générations futures.

Le problème à venir est celui de la stabilisation ou non des déchets amiante à l'horizon 1998. En effet, à compter du 1er avril 1998, l'ensemble des résidus de catégorie B (parmi lesquels les résidus d'amiante) devront avoir les caractéristiques de déchets stables pour être admis en décharge de classe 1. Un groupe de travail du ministère de l'Environnement est actuellement en train d'examiner cette question, qui est fondamentale : stabiliser les déchets amiante reviendrait à recréer des usines de transformation d'amiante-ciment et à recréer une profession à risque, ce qui serait assez paradoxal. Est-ce nécessaire d'un point de vue environnemental, sachant que l'amiante crée des problèmes de pollution de l'air, mais pas de problème de pollution de l'eau ? De la réponse à cette question dépendra évidemment la compétitivité des différentes filières de traitement. Si la stabilisation des déchets amiante n'est pas retenue, il nous semble à tout le moins nécessaire d'imposer dans les centres d'enfouissement que des alvéoles soient spécifiquement réservées aux produits amiantés (alvéoles dédiées) et qu'elles soient isolées des zones adjacentes.


- la réhabilitation des sites

Les sites industriels de transformation de l'amiante sont des installations classées soumises à la loi du 19 juillet 1976. Ces sites posent le problème de la contamination des bâtiments, de l'existence de décharges internes et de la pollution du site lui-même.